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3 décembre 2022. Manifestation à la gare de La Souterraine, pour le rétablissement du train de 7h35

Transport

Un arrêt vers 6 heures en remplacement du train de 7h35 : ce n’est qu’une demi-victoire pour La Souterraine (Creuse)

Publié le 03/12/2022 à 22h18 Floris Bressy

L’unique gare « grande ligne » de Creuse est l’objet de toutes les attentions. Photo F.B.

La mobilisation prévue samedi matin en gare de La Souterraine (Creuse) pour protester contre la suppression hivernale du principal arrêt du matin n’a pas été entamée par l’annonce surprise, la veille, d’une solution provisoire.

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ? Pas vraiment sûr, les Creusois sont échaudés ! Ainsi, la mobilisation prévue ce samedi 3 décembre à La Souterraine afin de protester contre la suppression hivernale du train de 7 h 35 pour Paris a été d’ampleur. Cela malgré l’annonce, la veille au soir, du rétablissement dès le 11 décembre d’un arrêt palliatif du train précédent qui ne s’arrêtait pas (celui de 6 h 30), comme plusieurs élus l’avaient suggéré.

Ce n’est qu’un début de solution

Plus de 300 personnes étaient donc devant la gare ce samedi matin – la majeure partie des politiques creusois, beaucoup de maires, trois collectifs d’usagers, des cheminots syndiqués, de simples citoyens (*)– rassemblés pour une même cause comme aux grandes heures de la lutte pour les services publics. Et si tous, saluaient la décision de la veille comme un “début de solution”, tous la jugeait encore insuffisante et se disaient très vigilants pour la suite. « Ce n’est qu’un pansement… En quelques années, sur cette ligne, on est passé de 14 allers-retours par jour à la moitié », rappelait ainsi la CGT. Et la députée Catherine Couturier de prolonger l’idée : « C’est peut-être un moindre mal, mais il ne faut pas se leurrer. La situation énergétique amène à faire des économies, or elles se font sur votre dos », prévenait-elle. Derrière cet argumentaire partagé par l’élue et le syndicat, l’idée que les problèmes sur la ligne, notamment la nécessité du dégivrage, surviennent tout simplement parce qu’on a décidé de moins l’utiliser. Le cercle vicieux en somme.

Et le déraillement, quelques heures auparavant, d’un convoi de fret en gare d’Issoudun qui entraîne la suppression de tous les trains en provenance de Paris ce week-end, semblait apporter de l’eau au moulin de la députée. Qui rappelait aussi au passage que la proposition budgétaire Nupes de 3 milliards d’euros « pour améliorer la desserte fret et voyageurs » a fait partie de celles qui ont été balayées par les 49.3 du gouvernement à l’Assemblée…

Les incohérences de l’État

Moins frontalement politique, mais tout aussi critique, était Jean-Jacques Lozach, sénateur et représentant ce jour-là de l’association Urgence Polt, qui œuvre depuis plusieurs années à faire émerger la modernisation de cette ligne dans les préoccupations nationales. « Le rétablissement de l’arrêt précédent n’est qu’un juste retour des choses, car il existait il y a quelques années », a-t-il d’abord rappelé. Avant de souligner « les incohérences de l’État par rapport à cette ligne » : « C’est toujours un pas en avant, deux pas en arrière. Nous obtenons des avancées puis il y a régulièrement des coups de massues comme celui-ci ». La mise en place de nouveaux matériels roulants, obtenue de haute lutte, a été actée, mais elle ne se fera qu’en 2025 après avoir été annoncée fin 2023. Sur cette modernisation comme sur les dessertes, sur l’amplitude horaire du guichet ou les effectifs du personnel en gare : le train des mauvaises nouvelles est composé de wagons qui peuvent dérailler tour à tour. Et la vigilance demeurera donc.

Rendez-vous en mars…

D’ailleurs, l’heure précise du nouvel (ancien) arrêt n’est pas connue : après avoir pensé que le train de 6 h 30 serait repoussé vers 7 heures, se rapprochant donc de l’arrêt qui a été suspendu, les cheminots croient savoir qu’il serait plutôt avancé vers 6 heures. Dans le même ordre d’idée, personne n’est encore en mesure d’affirmer que celui de 7 h 35 sera bel et bien rétabli mi-mars, à la fin de la période hivernale. Sans nul doute, les Creusois sauront surveiller cette échéance de très près. 

(*) Notamment présents : les sénateurs Lozach et Jeansannetas, la députée Couturier, Valérie Simonnet (présidente du Département), Geneviève Barrat (conseillère régionale), Marie-Françoise Fournier (maire de Guéret), Jean-François Muguay (maire honoraire de La Souterraine), Eric Correia (président du Grand Guéret), Philippe Bayol (AMAC)… Les collectifs d’usagers de Saint-Sébastien, mais aussi de Saint-Sulpice-Laurière et d’Argenton-sur-Creuse.

Floris Bressy
floris.bressy@centrefrance.com

 

 

 

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