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« On est tous différents, mais maintenant, on est tous Français » : en Creuse, dix-neuf personnes viennent d’être naturalisées

Dix-neuf ressortissants étrangers vivant en Creuse viennent de recevoir la nationalité française. Pour l’occasion, et comme le veut la tradition, la préfecture a organisé une cérémonie d’accueil hier, dans ses salons.

Par Sophie Emery
Publié le 19 juin 2026 à 09h54

C’est une tradition, mais elle ne perd jamais en émotion, d’une année sur l’autre. La cérémonie d’accueil dans la nationalité française a eu lieu hier, dans les salons de la préfecture de la Creuse. Dix-neuf ressortissants étrangers majeurs vivant dans le département ont ainsi été « accueillis dans la citoyenneté » lors d’un temps symbolique (*). L’occasion pour Jean-Philippe Legueult, préfet, de souhaiter la bienvenue à tous dans la communauté française, et de rappeler les principes fondamentaux de la République : Liberté, Égalité, Fraternité, et Laïcité. « « Ce sont des mots qu’on a l’habitude d’entendre, que l’on voit sur les mairies, mais ce sont des mots qu’il faut faire vivre chaque jour. »
Ces principes, Andreas Nijenhuis les connaît bien. D’origine néerlandaise, il travaille en France depuis longtemps. « Je suis venu en échange universitaire au tout début d’Erasmus, il y a trente ans. J’ai rencontré une Française, qui est aujourd’hui toujours à mes côtés. Et puis je venais en vacances en France avec mes parents. » 

Ce chercheur en histoire a longtemps enseigné dans des universités françaises, mais aussi en Corée du Sud. « C’est quand je travaillais là-bas que j’ai vraiment ressenti à quel point j’étais européen. Devenir Français, ça me travaillait depuis très longtemps, parce que ma famille était déjà francophile, et on a toujours été orienté vers la France », raconte-t-il, ému.
Andreas a ainsi entrepris les démarches il y a deux ans, quand il s’est installé en Creuse avec sa femme Bénédicte. Ils vivent dans une belle maison typiquement creusoise à Châtelus-Malvaleix. « C’est ma mère qui l’avait achetée et qui l’avait retapée. Une bonne vieille habitude de néerlandais francophiles ! »

« Il faut être motivé, et je l’étais »

Dans un français parfait, il raconte les différentes étapes du processus de naturalisation. « Par rapport à d’autres, je pense que ça a été assez rapide : quand on est marié à quelqu’un qui a la nationalité française, c’est moins long. Enfin “moins long” entre guillemets, parce que ça a duré quand même un an et demi. On a constitué tout le dossier, puis il y a les visites ». Des gendarmes, des renseignements territoriaux, puis une convocation à la préfecture de région, à Limoges. « Il faut être motivé, et je l’étais. Je vis et je travaille en France depuis très longtemps, donc pour moi, je faisais déjà partie de la communauté. Mais je ressentais quand même des limites : il y avait toujours des gens qui me disaient “chez toi” en parlant des Pays-Bas. Oui, c’est vrai, mais chez moi, c’est aussi ici. »
Andreas a reçu il y a quelques mois la notification administrative lui annonçant qu’il était officiellement Français.

« C’était un jalon important. Ça fait quelque chose d’être reconnu comme l’un des vôtres, l’un des nôtres maintenant. Et puis je vais pouvoir voter, et c’est quelque chose qui compte pour moi. »
Hier, dans les salons de la préfecture, il a pu rencontrer d’autres personnes qui ont fait la même démarche que lui. « On est tous différents, mais maintenant, on est tous Français, on fait tous partie de la même communauté. Personnellement, je trouve ça très important. »


Tout comme Andreas, les autres nouveaux Français accueillis hier par le préfet ne cachaient pas leur émotion, et leur fierté, d’être acceptés dans ce pays qui est devenu le leur au fil des années.

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Sur les dix-neuf “nouveaux Français”, douze ont participé à la cérémonie organisée par la préfecture.

(*) venant d’Algérie, des États-Unis, de Grande-Bretagne, du Burkina Faso, du Cameroun, de Madagascar, du Maroc, du Mexique, des Pays-Bas, de Roumanie, de Russie, du Sénégal, de Thaïlande, de Tunisie et de Turquie.

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