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En Creuse, ces commerçants de proximité ne veulent pas être les grands perdants de la FDJ

Commerçants bourganiauds et aubussonnais se mobilisent contre les implantations de points de vente de la Française des jeux dans certains supermarchés. Certains se sont ainsi réunis, lundi 16 février, à Bourganeuf pour redire leur opposition et surtout leurs inquiétudes.

Par Séverine Perrier

Publié le 17 février 2026 à 17h10

 
Commerçants bourganiauds et aubussonnais unissent leurs forces dans un même combat : celui de la survie du commerce de proximité en centre-ville. © BARLIER Bruno

« Un client est venu un matin à la boutique : il avait vu un monsieur prendre des photos au Carrefour Market et lui avait demandé pourquoi : c’était, lui a-t-il répondu, en vue d’implanter une borne de la Française des jeux. »
Et grand bien lui en a pris d’être curieux, souligne Stéphanie Gautier, commerçante bourganiaude : « C’est comme ça qu’on l’a appris ! Et que j’ai pu solliciter l’Union des commerçants ». Car même si elle, est directement concernée – elle tient la Maison de la presse qui vend ces tickets de loterie – ce sont tous les commerçants de proximité qui pourraient être impactés. Une inquiétude effectivement largement partagée puisque la pétition lancée ici dans la foulée a récolté quelque 700 signatures.

« On est même allés au supermarché pour rencontrer le directeur. Il nous a dit qu’il n’était pas pour mais que ce n’était pas lui qui décidait. »
José Soulié (Président de l’association des commerçants de Bourganeuf)

Et si le point de vente de la Française des jeux n’en est ici qu’au stade de projet, la borne a bien été installée dans un autre magasin de la même enseigne à Aubusson. Sans tambours, ni trompettes comme ce fut le cas à La Souterraine, « et on ne l’avait pas su non plus », rappelle Charlotte Farin, la présidente des buralistes de Creuse. « Et comme il y a de plus en plus de fermetures de tabacs (*), ils (la FDJ) veulent s’implanter encore plus. Nous, on propose pourtant qu’ils le fassent dans des commerces déjà existants comme un fleuriste, un salon de coiffure mais ça ne les intéresse pas. »

La CCI se dit « très vigilante  sur le respect de l’équilibre »

Lundi 16 février, des commerçants bourganiauds, rejoints par quelques collègues aubussonnais, se sont donc retrouvés à Bourganeuf pour partager leurs inquiétudes et les faire remonter une nouvelle fois au sénateur Lozach. Lequel les a déjà relayées, fin janvier à la présidente de la FDJ, courrier resté sans réponse à ce jour et qu’il devrait relancer.

Car « le problème, ce n’est pas Carrefour, c’est la FDJ, a insisté de son côté le directeur de la CCI, Philippe Daly, également présent ce jour-là avec le président Jean-François Tixier. Nous, on est très vigilant sur le respect de l’équilibre et de la centralité. C’est le combat qu’on mène : garder le maximum de commerces en centralité. Et l’intérêt de la FDJ, c’est d’apporter du flux ».

Un flux qui reste le principal souci de ces commerçants de centre-ville en ruralité. Comme l’a déjà pointé José Soulié, dans ses différents courriers : « L’implantation d’un point de vente FDJ supplémentaire dans une grande surface risque d’entraîner un déséquilibre commercial, au détriment des petits commerçants déjà fragilisés par le contexte économique actuel. Au-delà de l’impact économique, cette installation soulève également des enjeux sociaux. La concentration de ce type de service dans une grande enseigne peut encourager une fréquentation accrue de la grande distribution au détriment du commerce de proximité, participant ainsi à la désertification progressive du centre-ville, phénomène que nous cherchons collectivement à éviter ».

Une inquiétude partagée à Aubusson

Et à Aubusson, l’inquiétude est plus que partagée. Comme l’a exprimé, Jonathan Cavaliere, président de l’Association des commerçants et artisans aubussonnais, s’appuyant sur l’exemple des lockers décentralisés sur les parkings de supermarchés :

 
« En déplacement de flux, un locker, c’est deux cents personnes par jour ! Ça flingue le commerce de centre-ville. »
Jonathan Cavaliere (Président de l’ACAA)

Sur la page Facebook de l’ACAA, il s’en était ému quelques jours auparavant : « Installer des bornes relais sur les parkings, expatrier la FDJ… Ce sont des choix stratégiques, certes. Mais ces choix ont des conséquences. Chaque service déplacé vers la périphérie modifie les habitudes. Chaque flux capté à l’extérieur affaiblit un peu plus le cœur de la ville. Il ne s’agit pas d’opposer. Il s’agit de comprendre l’impact. Un centre-ville ne meurt pas d’un coup. Il s’éteint doucement, à force de petits déplacements, de petits renoncements, de petites décisions prises ailleurs ».

Une nouvelle pétition est déjà en ligne

Dès ce mardi, l’ACAA a ainsi lancé sa pétition en ligne, demandant « le retrait des bornes FDJ en périphérie et? le retour des lockers sur les parkings de centre-ville ».

Jonathan Cavaliere envisage également de « contacter la préfecture et le député pour que l’on se lance dans une opération anti-désertification des centres-villes ».
« Il faut se lier tous ensemble et relancer les actions à gauche et à droite », martèle aussi José Soulié. Tandis que le sénateur Lozach appelle à « élargir le cercle des signataires », notamment au niveau des communautés de communes. Prenant la FDJ au mot pour être de ces 100 % des gagnants qui ont tenté leur chance… 

(*) La présidente des buralistes a recensé « quatre ou cinq tabacs en moins depuis début janvier sur la Creuse ».

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