Le 82e anniversaire du massacre du village de Roussines a encore mobilisé beaucoup de monde autour du petit monument planté au milieu de nulle part, au cœur d’une tranquille campagne qui a connu l’horreur le 27 juillet 1944, à la limite des communes de Chard, Dontreix et Mérinchal. Les porte-drapeaux anciens et plus jeunes, les sapeurs-pompiers et gendarmes se sont alignés autour de la stèle de granit. Trompette et chants de la chorale des Chardonnerets ont rythmé une cérémonie orchestrée par Michel Januel, délégué général du Souvenir français de la Creuse. Si la représentation des élus locaux et départementaux, ainsi que celle des services de l’État avait fait le plein (*), de moins en moins de jeunes participent à cette cérémonie qui rappelle de nombreuses valeurs citoyennes fondamentales. La mémoire orale a disparu avec le temps et les témoins du drame et ses événements de l’histoire locale ne sont malheureusement plus enseignés dans les écoles du secteur comme ils l’étaient dans les années 1960.
L’émouvant discours du maire Serge Perrier
Serge Perrier a relaté les faits de ce 27 juillet 1944 et lu le martyrologe des 26 victimes.
L’élu a fait un parallèle entre la guerre de 1939-1945 et la période actuelle : « Le massacre de Roussines, c’est le triomphe de l’arbitraire, c’est la cruauté sans partage, c’est l’appétit effréné du sang et de la mort. Ce jour du 27 juillet 1944, c’est tout ce que nous haïssons qui s’est abattu sur le village. La vie humaine fut comptée pour rien, la souffrance des victimes fit le plaisir des bourreaux. La mort devint un jeu, le néant un but. Les bourreaux ne sont plus. Ils n’ont même plus de nom. La honte et l’oubli les ont recouverts et les Français ont adopté les martyrs de Roussines et d’ailleurs. Ils les ont accueillis dans cette grande famille qu’est notre mémoire nationale, ils y vivent désormais respectés, honorés. Nous aimerions pouvoir dire que désormais cela se passe loin de chez nous ou que cela n’advient plus, mais le cadre international issu de l’après-guerre semble s’être écroulé. Tous les jours nous écoutons le même refrain généré par les va-t-en-guerre ambitieux et à la recherche de notoriété et de grandeur. Le fait que les conflits soient étroitement liés les uns aux autres accroît la probabilité d’effets non voulus et crée ainsi un monde instable et dangereux. La barbarie, dès qu’elle le peut, se reforme et son visage ne change pas. Il est toujours celui de la sauvagerie se dissimulant derrière un idéal dévoyé, se ruant vers la mort et la destruction sans jamais en être rassasiée et en recherchant la technologie destructrice qui n’a plus de limites. »
La cérémonie s’est achevée par la Marseillaise et Nuit et Brouillard . l
(*) Étaient notamment présents : Anaïs Grassin, sous-préfète d’Aubusson, Jean-Jacques Lozach, sénateur, Bartolomé Lenoir, député, Valérie Simonet, présidente du Conseil Départemental, ainsi que de nombreux maires et élus du secteur.
AGIR POUR TOUTES LES COMMUNES CREUSOISES
