Le 82 e anniversaire de la tragédie de Manérol a été marqué, et c’est de bon augure, par une implication de plus en plus nombreuse de la jeunesse locale.
C’est un peu à cause de la tragédie qu’il a vécue le 4 juin 1944 que le hameau de Manérol et son unique rue escarpée reprennent vie une fois par an. Les automobiles sont garées sur plusieurs centaines de mètres et les drapeaux tricolores fleurissent par affinité dans une végétation verdoyante qui monte très haut sur de magnifiques arbres.
Pour certains maires creusois et puy-dômois, très nombreux du secteur, c’est la première occasion d’essayer leur écharpe bleu, blanc, rouge au milieu des uniformes, des costumes cravates et des tenues soignées des politiques. Malgré tout ce monde divisé en plusieurs groupes, le silence est de mise. Ici, on chuchote davantage que l’on ne parle.
La commémoration avait cette année une consonance particulière puisqu’elle rendait hommage à Micheline Vaillant. André Bourdut, habitant du village, a retracé la vie pleine d’engagements citoyens de cette femme, décédée début novembre dernier à l’aube de ses 100 ans, qui était entrée comme agent de liaison dans la Résistance à l’âge de 17 ans et faisait passer des messages à la Compagnie Gabriel Péri retranchée à Manérol.
Micheline Vaillant, symbole de résistance et de liberté
Elle gardait en elle la mémoire des visages disparus dans la lutte contre l’occupant et la milice de Vichy. Très attachée aux valeurs de la République, elle intervenait dans les écoles et était présidente du Musée de la Résistance et de la Déportation de Clermont Métropole.
Selon sa volonté, le drapeau des Francs Tireurs et Partisans Français (FTPT) devait demeurer à Dontreix auprès de ses camarades tombés au combat.
C’est Isabelle Vaillant, petite-fille de Micheline, qui a transmis le drapeau à un jeune de la commune, Baptiste Bosle, qui s’est engagé à honorer l’esprit de ces résistants et à leur donner un nouveau visage de la reconnaissance. Puis une jeune sapeur-pompier de la commune a fait l’Appel aux Morts.
Après les discours du maire de Dontreix et du sous-préfet, directeur de cabinet du préfet, qui ont retracé la journée du 4 juin et rappelé les valeurs de la République, le long cortège est allé se recueillir devant les ruines de la grange où ont été fusillés les résistants.
Les enfants de l’école de Dontreix ont déposé des œillets blancs et un poème de Robert Desnos a été lu par un élève de la classe de défense du collège Jean-Beaufret d’Auzances. La cérémonie s’est terminée par la chanson Nuit et Brouillard de Jean Ferrat. l
Étaient présents notamment : le sous-préfet, directeur de cabinet du préfet ; Jean-Jacques Lozach, sénateur ; Françoise Simon, représentant Éric Jeansannetas, sénateur ; Valérie Simonet, présidente du conseil départemental ; Marie-Hélène Michon, conseillère régionale ; Jérémie Sauty, conseiller départemental, et de nombreux maires et élus du secteur.
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