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« Mettre Limoges à 2 h 50 de Paris » : dans la Creuse, Urgence Polt est toujours sur le front

« On ne lâchera rien parce qu’on est dans le juste » : certes, des investissements sur la ligne Polt et le matériel laissent augurer d’une meilleure qualité pour les usagers mais Urgence Polt veille et continue le combat. C’est notamment ce qu’a rappelé son président, le sénateur Vayssouse-Faure, samedi 23 mai à La Souterraine, à l’issue du conseil d’administration de l’association.

Par Séverine Perrier

Publié le 24 mai 2026 à 17h33

Étienne Lejeune, Jean-Marc Vayssouse-Faure et Jean-Jacques Lozach, samedi matin à La Souterraine. © sophie emery

Le point fait par l’association Urgence Polt, à l’issue de son conseil d’administration samedi matin à La Souterraine, pouvait-il mieux tomber que ce jour-là?? La nuit précédente encore, les voyageurs ayant emprunté le Paris-Toulouse avaient dû subir entre quatre et cinq heures de retard, soulignait en souriant le sénateur Lozach. Et pourtant, malgré les retards et les annulations, nombreux notamment en janvier et février, « la fréquentation est en augmentation continue ». De quoi satisfaire cette association qui se bat depuis maintenant seize ans?? 
Pas sûr, car il s’agit d’abord de continuer le combat. Même si les chiffres de la fréquentation abondent ce que ne cesse de marteler Jean-Marc Vayssouse-Faure, le président d’Urgence Polt : « Il faut faire le choix du train, c’est une évidence ».
« Oui, en janvier et février, on était à 60 % de respect de la ponctualité », poursuit le sénateur du Lot qui pointe un passif d’ « investissements chroniques faits sur une ligne extrêmement dégradée ». Aujourd’hui, « on est dans une période de travaux importante. 1,6 milliard sur la modernisation de la ligne et la commande de nouveaux matériels » avec l’espoir des nouvelles rames Oxygène pour l’an prochain.

Veiller à ce que les annonces se concrétisent

Mais la bataille du rail n’est pas finie pour autant : pour Urgence Polt, il s’agit tout autant de veiller déjà à ce que les annonces se concrétisent – « À l’origine, les nouvelles rames étaient prévues pour 2023, rappelle Jean-Jacques Lozach. Là, on nous annonce 2027… » – que d’appeler aussi à plus d’ambition pour le ferroviaire. « Concernant les nouvelles dessertes, notre combat a pu être perçu un temps comme un combat d’arrière-garde mais aujourd’hui, avec le dérèglement climatique, l’accès au pétrole, il y a une appétence jamais vue pour le train : on n’en a jamais eu autant besoin », insiste Jean-Marc Vayssouse-Faure. 

Dans les projections faites à ce jour, plus aucune suppression d’arrêts et 11 allers-retours par jour jusqu’à Brive (dont 5 jusqu’à Cahors et 3 jusqu’à Toulouse). « On en demande 14, précise le président d’Urgence Polt. Et une amélioration de la rapidité pour mettre Limoges à 2?h?50 de Paris.  Je suis déçu du manque d’ambition globale sur la question du ferroviaire. Et ça sera évidemment un débat au cœur de la campagne présidentielle l’an prochain. Ce pays a tout à y gagner. »

 
« Nous, on se bat pour la ligne Polt mais on est sensible aussi au combat des petites lignes qui nous amènent de la fréquentation. On regrette que le projet de loi-cadre sur les transports prévoit 4,5 milliards pour l’entretien du ferroviaire alors qu’au niveau européen, certains pays sont entre 7 et 8 milliards?! On ne lâchera rien parce qu’on est dans le juste. »
Jean-Marc Vayssouse-Faure (Président de Urgence Polt)

Le train, plus qu’un simple moyen de transport

Ne rien lâcher aussi parce que les mobilisations paient justement,  rappelle de son côté le sénateur Lozach.

 
« Depuis 2010, on a connu un certain nombre d’évolutions suite à de nombreuses mobilisations. Il y a énormément d’attentes sur cette ligne qui connaît une augmentation continue de sa fréquentation. On a obtenu des choses mais ça ne veut pas dire que la situation est pleinement satisfaisante. »
Jean-Jacques Lozach (Vice-président d’Urgence Polt)

« La livraison des rames, on fait tout pour que ce soit vraiment en 2027, poursuit le sénateur. Et concernant la régénération de la ligne, on ne veut pas qu’elle soit suivie d’un abandon en termes de maintenance, ce qu’on a connu pendant quarante ans. On est dans un contexte budgétaire difficile : on attendait beaucoup de cette loi-cadre mais nous n’avons aucune assurance qu’elle débouche sur une loi de programmation pluri-annuelle. » C’est d’ailleurs pour cette raison que les deux sénateurs n’ont « pas pris part au vote ».
D’où cette vigilance, toujours. « Sur le papier, les choses sont plutôt bonnes, estime Étienne Lejeune. Mais il faut un investissement important et constant. » Car l’intérêt du train va bien au-delà du simple moyen de transport, insiste le maire de La Souterraine.

 
« L’appétence pour le train se ressent sur le territoire. Avant Covid, on était à 180.000 voyageurs par an contre 230.000 en 2024. Pour nous, le train est vital. Sans, on ne pourrait pas maintenir un lycée ici. Il y a aussi des entreprises qui ne pourraient pas rester là. »
Étienne Lejeune (Maire de La Souterraine)

« Le ferroviaire, ça va presque au-delà du service, abonde Jean-Jacques Lozach. On le voit bien à chaque manifestation : il y a un vrai attachement au train. » 

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